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Marins en manque de vivres sur ce Vendée Globe : l’excès de confiance aurait-il (encore) frappé ?

http://www.la-croix.com/Sport/Vendee-Globe-12-hommes-manque-vivres-2017-01-31-1200821311

Certains marins du Vendée Globe avaient prévu 100 jours de vivres en prenant comme référence le temps du dernier concurrent du Vendée Globe 2012-13, soit 104 jours de course.

Or 12 d’entre eux ont été en risque de manquer de vivres : comment et pourquoi des professionnels aguerris, conseillés, expérimentés peuvent ils se retrouver dans cette situation délicate ? Incompétence, manque de préparation ou de discernement ? Certainement pas.

Excès de confiance, peut être !

L’excès de confiance est un biais qui inconsciemment nous amène (si souvent) à surestimer notre capacité de prévision. Ainsi, tout comme la majorité de la population se pense meilleur conducteur que la moyenne, de très nombreuses prévisions pèchent par excès de confiance. Combien de programmes immobiliers sont-ils délivrés dans les temps ? De projets informatiques ?

Et pourtant,même l’expérience ne suffit pas à réajuster le tir.

Pour le Vendée Globe, lorsqu’un marin estime mettre 100 jours à réaliser le tour du monde à 5000 kcal /jour, il se fonde sur la connaissance de son bateau, sa condition physique, son expérience, celle de ses prédécesseurs et des experts. Ensuite il compare son estimation (100 jours) aux résultats du dernier Vendée Globe : le dernier concurrent avait mis 104 jours. Son estimation semble bien réaliste. Alors en quoi ce marin souffrirait-il d’un ‘excès de confiance’ ? Parce que, comme en entreprise, il ne se souvient plus qu’il ne « sait » pas, ou pas si précisément, de quoi sa course sera faite. Sur les marins qui mettent plus de 100 jours à boucler leur tour du monde sur ce Vendée Globe 2016-2017, très peu ont déjà fait cette course, mais (presque) tous sont des marins très expérimentés. Alors, ils savent.

Les « fourchettes » pour parer l’excès de confiance

Pour réduire l’impact de ce biais cognitif, qui nous concerne tous, et particulièrement les plus experts, une solution consiste à évaluer les situations (besoins en vivre, projets en entreprises) en fourchette et non simplement avec des estimations simples ou moyennes. Ainsi, on verra « en face » le scénario risqué.

Pour le Vendée Globe, une fourchette de nombre de jours, puis une autre de nombre de calories/jour. Dès lors, au lieu de dire 5000 calories jours et maximum 100 jours, soit 500 000 kcal pour la course, la fourchette serait par exemple : entre 70 et 115 jours, entre 4 800  et 5 500 calories jours, soit au mieux 336 000 kcal (70 j *4800), au pire 632 000 (115j*5500).

A partir de ces éléments, il restera bien sûr à effectuer un arbitrage, décider, prendre un risque. Mais une meilleure visualisation des possibles assurera que la décision sera prise en connaissance de cause.

Permettre des décisions offensives

La lutte contre l’excès de confiance ne vise pas à prendre des décisions trop conservatrices, mais bien au contraire à prendre et assumer des décisions offensives grâce à l’excellente évaluation des scénarios.