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Algorithmes et décision

Si les algorithmes sont utilisés depuis longtemps par l’homme, leur multiplication récente dans notre quotidien avec la révolution informatique amène aujourd’hui de nombreux observateurs à s’interroger sur la place à leur laisser.

Google, Admission Post Bac, GPS…Les capacités de traitement et stockage de données informatiques dépassent très largement celles de l’esprit humain. Dès lors, les avantages d’une décision laissée aux algorithmes semblent nombreux : efficience, choix plus juste et plus efficace car effectué sur les données objectives, capacité à traiter un nombre nettement supérieur sinon infini de dossiers et de données. Pourquoi cela laisse-t-il donc chez nous ce sentiment d’inachevé, comme si quelque chose ne tournait plus tout à fait rond ? L’homme serait-il incapable de se déposséder de sa décision, alors même qu’il reconnaît qu’il a des capacités plus restreintes de traitement des informations, et même une « rationalité limitée » ?

Ariseal décrypte la décision en trois volets :

A comme Action

La décision réussie se transforme en action. Or, le propre de l’algorithme est l’analyse, la détermination d’un choix optimal, la consultation, mais pas une mise en action. L’algorithme tranche éventuellement, mais ne met pas en œuvre. En cela, il fera un excellent consultant, mais point un décideur.

I comme Incertitude

L’incertitude est le propre de la décision, notamment parce qu’elle gouverne l’environnement dans lequel la décision est prise. Or l’algorithme, conçu par des hommes, en intégrant des hypothèses et des parti pris, est loin de rendre compte parfaitement et objectivement d’un environnement par essence changeant.

Décider consiste profondément à assumer le risque de l’incertitude. La réduire grâce à la puissance des algorithmes est sans aucun doute fort utile, prétendre la supprimer serait un piège à la fois utopique et dangereux, en ce qu’il amènerait à ne plus douter de la décision, et à perdre la capacité d’ajuster la décision.

E comme Engagement au sens de responsabilité

Enfin, la décision est le cœur même de l’exercice de la responsabilité, l’engagement du décideur. Or l’algorithme ne peut pas être tenu pour responsable de la décision, car, n’ayant pas de personnalité, il ne sera pas en situation de rendre compte. Qui donc est alors responsable ? Le programmateur initial ? Le donneur d’ordre ? L’utilisateur ? L’algorithme conduit en réalité à une dilution voire une disparition du responsable. Plus personne pour rendre compte… Et finalement, une décision qui, ne pouvant plus être expliquée à / assumée face à l’homme qui la « subit », redevient en quelque sorte plus arbitraire.

Décider reste le propre de l’homme et… décider, cela s’apprend !

Ariseal